L’essentiel
- Regrouper des crédits, c’est les rembourser avec un nouveau crédit unique (un refinancement).
- La mensualité baisse surtout parce que la durée s’allonge : le coût total augmente souvent.
- Des frais peuvent s’ajouter : indemnité de remboursement anticipé, frais de dossier, frais d’acte pour un crédit garanti par une hypothèque.
- En cas de difficultés de paiement, un nouveau crédit n’est pas la seule voie : les services de médiation de dettes agréés sont gratuits.

Qu’est-ce qu’un regroupement de crédit ?
Un regroupement de crédit (on parle aussi de centralisation ou de refinancement) consiste à souscrire un nouveau crédit dont le montant sert à rembourser, en une fois, plusieurs crédits en cours. Il ne reste alors qu’un contrat, un prêteur et une mensualité.
Ce n’est pas une réduction de dette : le capital restant dû est simplement transféré vers un nouveau contrat, avec un nouveau taux et une nouvelle durée. Le nouveau prêteur doit, comme pour toute demande, évaluer votre solvabilité et consulter le registre des crédits aux particuliers de la Banque nationale (BNB) (article VII.77 du Code de droit économique).
Pourquoi la mensualité baisse mais le coût total augmente souvent
Deux leviers font baisser la mensualité : un taux plus bas et une durée plus longue. Dans la plupart des regroupements de crédits à la consommation, c’est l’allongement de la durée qui joue le plus. Vous payez moins chaque mois, mais pendant plus longtemps : les intérêts s’accumulent sur une période plus longue.
Deux notions permettent de comparer :
- TAEG (taux annuel effectif global) : le coût annuel du crédit exprimé en pourcentage, intérêts et frais obligatoires compris.
- Coût total : la somme de toutes les mensualités restant à payer. C’est ce montant qu’il faut comparer avant et après le regroupement, et pas seulement la mensualité.
Exemple calculé : deux crédits regroupés sur 60 mois
Hypothèses (25/09/2026, taux choisis pour l’exemple, ce ne sont pas des offres) : un prêt à tempérament avec 8 000 € de capital restant dû sur 24 mois à 7 % de TAEG, et un prêt personnel avec 6 000 € restant dus sur 30 mois à 9 % de TAEG. Les deux sont regroupés en un crédit de 14 000 € sur 60 mois à 8 % de TAEG. Mensualités calculées avec la formule d’annuité, taux mensuel équivalent au TAEG.
| Situation | Mensualité | Total à payer |
|---|---|---|
| Actuelle | 580,52 €* | 15 271,20 € |
| Regroupée | 282,00 € | 16 920,00 € |
| + indemnités | 284,82 € | 17 089,20 € |
* 580,52 € pendant 24 mois, puis 223,12 € pendant 6 mois. « Regroupée » : nouveau crédit de 14 000 € ; « + indemnités » : nouveau crédit de 14 140 €.
Sans regroupement, vous payez 580,52 € par mois pendant 24 mois (357,40 € + 223,12 €), puis 223,12 € pendant 6 mois. Avec le regroupement, la mensualité tombe à 282,00 €, mais le total à rembourser augmente de 1 648,80 €. Si les indemnités de remboursement anticipé des deux anciens crédits (140 € au maximum ici, voir plus bas) sont ajoutées au nouveau crédit, le surcoût atteint 1 818,00 €.
Un taux plus bas peut compenser une partie de cet écart, mais pas toujours l’allongement de la durée. Pour refaire ce calcul avec d’autres montants ou d’autres durées, le tableau des mensualités d’un prêt donne la mensualité et le coût total pour chaque combinaison.
Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.
Les frais possibles d’un regroupement
- Crédit à la consommation remboursé par anticipation : le prêteur peut réclamer une indemnité d’au maximum 1 % du capital remboursé s’il reste plus d’un an avant la fin du contrat, 0,5 % s’il reste un an ou moins. Aucune indemnité pour une ouverture de crédit ni pendant une période où le taux n’est pas fixe (article VII.97 du Code de droit économique).
- Crédit garanti par une hypothèque remboursé par anticipation : l’indemnité (dite de remploi) est plafonnée à trois mois d’intérêts calculés sur le capital remboursé (article VII.147/12).
- Nouveau crédit garanti par une hypothèque : si le regroupement passe par une hypothèque, des frais d’acte, d’inscription de l’hypothèque et d’expertise peuvent s’ajouter. Demandez-en le détail avant de décider.
- Frais de dossier et assurances : lisez le formulaire d’information précontractuelle (SECCI pour un crédit à la consommation) pour connaître le TAEG et le montant total à rembourser.
Ce que la loi impose au prêteur et à l’intermédiaire
En Belgique, toute publicité axée sur l’incitation au regroupement ou à la centralisation de crédits en cours est interdite, tout comme celle qui affirme que vos crédits en cours n’ont pas ou peu d’influence sur une nouvelle demande (article VII.65 pour le crédit à la consommation, VII.123 pour le crédit garanti par une hypothèque).
Avant la signature, le prêteur et l’intermédiaire doivent :
- vous remettre une information précontractuelle personnalisée qui permet de comparer les offres (article VII.70) ;
- vous donner des explications adéquates sur le crédit proposé et ses effets, y compris en cas de défaut de paiement (article VII.74) ;
- rechercher le type et le montant de crédit les mieux adaptés à votre situation financière et au but du crédit (article VII.75).
Points à vérifier avant de décider
- Le total restant à payer sur vos crédits actuels, comparé au total à payer sur le nouveau crédit.
- Les indemnités réclamées par chaque prêteur actuel pour un remboursement anticipé.
- La nouvelle durée : un crédit à la consommation remboursé sur une durée plus longue que le bien financé (une voiture, par exemple) reste à payer après la fin de son usage.
- Le montant demandé : ajouter une somme supplémentaire au regroupement augmente encore le coût total.
- Le budget mensuel réel : si la mensualité actuelle est déjà impossible à payer, le problème de fond est un déséquilibre du budget, qu’un nouveau crédit ne règle pas.
Si vous avez déjà des difficultés de paiement
Un regroupement n’est pas une solution à un surendettement. Des services de médiation de dettes agréés, gratuits, peuvent analyser votre budget, négocier avec vos créanciers et vous orienter, si nécessaire, vers le règlement collectif de dettes :
- le CPAS de votre commune, qui propose ou oriente vers un service de médiation de dettes agréé ;
- l’Observatoire du Crédit et de l’Endettement, dont le site propose une recherche « Trouver un service de médiation de dettes » ;
- à Bruxelles, le Centre d’Appui aux services de médiation de dettes de la Région de Bruxelles-Capitale ;
- en Wallonie, le portail régional consacré au surendettement.
Pour estimer d’abord le coût d’un nouveau prêt, sans lien avec un regroupement, consultez la page d’accueil de simulation-pret.be et ses tableaux de calcul.
Sources
- Code de droit économique, Livre VII, articles VII.64, VII.65, VII.70, VII.74, VII.75, VII.77, VII.97, VII.123 et VII.147/12 (version consolidée Justel, modifications publiées jusqu’au 04/08/2026) : ejustice.just.fgov.be, consulté le 25/09/2026.
- SPF Économie, crédit à la consommation : economie.fgov.be, consulté le 25/09/2026.
- Observatoire du Crédit et de l’Endettement : observatoire-credit.be, consulté le 25/09/2026.
- Centre d’Appui aux services de médiation de dettes de la Région de Bruxelles-Capitale : mediationdedettes.be, consulté le 25/09/2026.
- Wallonie, surendettement : surendettement.wallonie.be, consulté le 25/09/2026.
Information générale, sans offre de crédit. Les taux de l’exemple sont des hypothèses et ne reflètent pas une offre réelle.